GIVET, histoire, fort de Charlemont, la ville et ses curiosités, Place Méhul

 Un peu d'histoire

 Située à 22 km au sud de Dinant, Givet et « sa botte » (pour les Belges) ou « pointe de Givet » (pour les Français) est une profonde enclave française en terre wallonne. Depuis la grande guerre, la langue wallonne s'oublie dans cette partie de la Meuse.
Mais si à Dinant on dit toujours "Vive Djivet pol'peket" (Vive Givet pour le pecket), à Givet on dit encore " Bramin d'pires min pon d'kaures " (beaucoup de pierres mais pas d'argent), allusion aux rocs et versants abrupts de la vallée. Altitude 121 mètres.

 

La cité, qui s'étend sur les deux rives de la Meuse, est un chef-lieu de canton du département des Ardennes (08). Sa population, en déclin, compte environ 7.600 Givetois.

Sur la rive gauche, la ville, dominée par le fort de Charlemont, est appelée « Grand-Givet » ou quartiers des «Savates ». Elle étire ses ruelles, aux maisons en pierre calcaire bleue, autour de l'église fortifiée Saint-Hilaire construite par Vauban.

Le « Petit-Givet », quartier de l'église Notre-Dame et quartiers des « Galoches », agrandi au 18e siècle, se trouve sur la rive droite au confluent de la Houille et de la Meuse; il est surveillé par les anciennes fortifications du fort de la Commune (le long de la route de Namur), du fort des Vignes à l'ouest et au sud par le Mont d'Haurs et son camp fortifié dit "Ecuries de Napoléon".  

(N.B. au Moyen Age jusqu'à la conquête française à la fin du XVII°s, la vigne était cultivée à Givet  principalement  au pieds "des faizes" au sud des rochers de Charlemont. En 1782,la vigne est réintroduite d'où le nom de Fort des Vignes).

Cette partie de la ville  est le quartier des manufactures et est relié, dans l'Ancien Régime au Grand Givet par un pont de bois et un bac..

 

 

 

Eglise Saint-Hilaire du Grand Givet (rive gauche)

  
Eglise Notre-Dame du petit Givet (rive droite).

Vue des deux Givet, le pont Napoléon (1811-1816) détruit en 1914 reconstruit provisoirement par les Allemands en  1916 et définitivement en 1930), la porte charbonnière et le corps de garde. Contrairement à la légende, la photo semble prise du fort de la Commune.

 

 

Vue , à partir du fort de Charlemont, sur les deux Givet et sur le pont des Américains  qui remplace le pont Napoléon détruit  pendant la deuxième guerre. En 1969 un nouveau pont reliant les deux Givet est construit en remplacement du vieux pont Bailey construit en 1944 par l'armée américaine.

Comme ses soeurs mosanes, la cité connaît au Moyen Age un développement rapide. Dès le 9e siècle, la Meuse permet d'écouler vers l'Angleterre et jusqu'en Russie, par la Baltique, les produits du fer, du cuivre, d'étain, et les céramiques que la vallée produit.

L'important dénivelé des affluents du fleuve fournit en effet, jusqu'au 19e siècle, la force motrice pour actionner forges, batteries de cuivre et moulins.
Comme ses consoeurs de la Meuse wallonne, Givet est incorporée en 855 à la Lotharingie, puis au Saint-Empire. La ville est donnée en fief au prince-évêque de Liège. Au 13e siècle, elle s'en détache pour devenir la seigneurie d'Agimont-Givet.

 


  Givet fille de Meuse

 

Le 6 avril 1555, l'Empereur Charles-Quint, seigneur des principautés des Pays-bas, roi d'Espagne puis empereur germanique, en lutte contre le roi de France François 1er, cadenasse la Meuse en rachetant la seigneurie d'Agimont-Givet et ses 25 villages et en édifiant sur les hauteurs de Givet une ville fortifiée de deux bastions qui porte son nom : Charlemont ( le bastion du moulin et celui de la Meuse). La place forte est ainsi rattachée au comté de Namur.


Gravure de Sébastien de Pontault de Beaulieu - 1667
 

"Pointe-Est" du fort de Charlemont

Seule la pointe-Est du fort de Charlemont (partie primitive) est visitable.
Elle permet de découvrir une grande galerie dont les murs atteignent 5 mètres d'épaisseur, la casemate d'artillerie, la poudrière et deux bastions du 16e siècle.

La vue sur la vallée de la Meuse y est magnifique ainsi que sur les collines belges où l'on peut distinguer le château d'Agimont, propriété du comte de Paris. La rampe d'accès au fort est garnie de 3.523 rosiers...

Le 15 juillet 1555, les soldats du Roi de France, conduits par le comte de Nevers, tentent de s'emparer de Charlemont. Aux sommations du comte, le prince d'Orange, Guillaume de Nassau, fait répondre que « s'il ne décampait pas au plus tôt, il le ferait percer de 500 arquebusades ».


 La poudrière espagnole agrandie par Vaubn.

 

Le prince d'Orange fait alors aménager les fossés qui seront achevés un an plus tard.

 

  
Les fossés 

Pendant la guerre de 30 ans, le maréchal de La Meilleraye vient assiéger le fort le 6 mai 1640. Il doit lever le siège après vingt jours.

Les défenses de Charlemont furent encore renforcées suite à la victoire de Henri de Bourbon, prince de Condé sur l'infanterie espagnole à Rocroi en 1643. En 1657, Turenne, en personne, n'osa tenter de la réduire. Le 20 mars 1674, le maréchal de Crequi incendie Givet mais Charlemont tient bon.

 

 


Le traité de Nimègue, qui met fin à la guerre de Hollande (1672-1678) qui oppose Louis XIV aux Provinces-unies, à l'Espagne, à l'Empereur et aux princes allemands, donne à la France plusieurs places fortes du Nord (Valenciennes, Bouchain) mais aussi Givet qui restera française malgré les déconvenues des guerres de la fin de règne du vieux « roi soleil ».
Six ans plus tôt, le roi de France avait acquis les villages dépendant de Liège. La pointe de Givet était créée.
La ville, comme Bouillon sa voisine, est solidement fortifiée suivant le système «Vauban » et sera un élément du «Pré carré » imaginé par le célèbre ingénieur (1633 - 1707). Vauban s'attache à renforcer la capacité militaire de la place forte.

Il renforce le fort espagnol ( le château) - partie visible dominant la ville - et il lui adjoint, au nord, un nouveau fort taillé dans le roc : le fort Condé. Celui-ci est amplifié de deux demi-lunes au 18e siècle.

 

 

 


I7° siècle.
Source : Gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France.

 


plan de Charlemont sous Vauban.
Souce : Gallica.bnp.fr /bibiothèque nationale de France

  

 
Plan du Fort de Charlemont sous Asfeld.

 
Ruines du Fort Condé, ancienne Tour Maugis rebétie en 1726 par Vauban - Collection Augustin SIMON

 

La Couronne d'Asfeld :
Ces travaux ont été réalisés par Claude Bidal (1665 - 1743), Marquis d'Asfeld. Il est le successeur de Vauban. Directeur Général des fortifications. Maréchal de France, il a servi sous Louis XIV, la Régence et Louis XV."Veue de Charlemont Givet" fin XVII°. Source Gallica.bnf.fr /Bibliothèque nationale de France. 

 

 A gauche le Petit Givet surveillé par la tour Grégoire, à droite le Grand Givet dominé par Charlemont et la tour Maugis.

Sur la rive droite de la Meuse, Vauban fait creuser au sommet du Mont d'Haurs, caractérisée par la tour grégoire à mi-pente, un camps retranché dominant Charlemont que les Givetois appellent "Les Ecuries de Napoléon".

Commencés en 1699, les travaux n'avancent guère ( il faut dire que l'épaisseur des murs est de 25 mètres à la base). Sur le linteau de la porte bouchée donnant sur le camp est gravé l'inscription "Anno Domini MDCCIV". L'ouvrage est abandonné en 1706. Il sera réutilisé par les Prussiens lors du siège de Charlemont en 1815.
Le camp, en fort mauvais état, est quasiment inaccessible pour les non initiés. Il est intégré dans une réserve naturelle.


E
ntrée monumentale des "Ecuries de Napoléon". Etat au 27 juillet 2010.

 

 Une seconde entrée permet d'accéder au camp.
 L'entrée a l'épaisseur de la muraille soit 25 mètres. Elle débouche sur la porte donnant sur le camp.  

 

 

 Cette porte a été bouchée et est garnie de meutrières.

 

 Sur la clé de voûte de la porte donnant sur la camp est écrit, en noir, "salle des petites culottes".

Pour plus d'informations, voir le site : http://pause-patrimoine.pagesperso-orange.fr/construire_deconstruire/givet_haurs/haursgivet_intro.html

 


 Vauban doit aussi reconstruire la cité qui a été quasiment rasée et renforcer les défenses urbaines d'une ville s'étalant sur les deux rives de la Meuse. Mais seule la muraille de Givet-Notre-Dame peut être édifiée. La ville fortifiée comptait six portes équipées de pont levis. Aujourd'hui il n'en reste que trois :

                                                  Rive droite  :  

La porte Luxembourg

08-givet-nd-1.jpgPorte charbonnière 

 

 

Porte ( de la)  charbonnière aujourd'hui. 

 D'après les archives départementales, ce nom est  ignoré dans l'Ancien  Régime. Elle portait le nom de porte des "faudes" (bûchers à charbon de bois) un peu en amont du port des "faudes" où était chargé le charbon de bois destiné aux forges wallonnes. Par ironie  du sort et de la liguistique, le nom de porte "charbonnière"  viendrait  du nom du général de la Révolution et de l'Empire Louis Charbonnier (1754-1833) gouverneur de Liège et de Maastricht - dont le nom est gravé sur l'Arc de Triomphe de Paris- qui  donna son nom à la caserne Charbonnier à Givet . Sur le plan parcellaire de 1823, la porte est nommée "porte Charbonnière" située sur le "quay  de la Charbonnière". 

 
Givet possédait aussi une caserne "Charbonnier"

http://archives.cg08.fr/arkotheque/cadastre/fond_visu_img.php?ref_id=1850.

 

Porte de Rancennes

Au nord, au bord de la Houille, la porte Charbonnière ( anciennement porte Faudes) et au sud, la porte de Rancennes, permettent l'entrée dans le bourg. Le reste de Givet garde ses murailles espagnoles.

 Une troisième porte  dite  du" Luxembourg" prolongeait la rue du même nom.  

En amont, rive gauche, Vauban fait construire la porte de France. Entre celle-ci et la barbacane du quai de Rome, il fait édifier la caserne Rougé , longue de 460 mètres, le long du fleuve.


Porte de France (rive gauche)

Elle est fortement endommagée en 1914, abandonnée et démantelée pendant l'entre-deux-guerres.

La porte de France est trouée par le chemin de fer et quelques restes d'éléments de fortification y sont toujours visibles.

   

 

 

Dans le grand Givet, la porte de Charlemont donnait sur la route de Doische, et la porte des Vieux Récolets    achevait au nord-est la rue même nom.

la  Révolution française et l'Empire lui font perdre son rôle stratégique puisque les frontières de la France sont portées à Rome et à Hambourg .

Cependant Givet joue un rôle dans l'épopée impériale. En effet, lorsque le maréchal de Grouchy, le malheureux poursuivant du prussien Blücher, apprend la défaite de Waterloo, le 18 juin 1815, il ordonne à ses troupes de se replier sur Namur puis Charlemont.

Le général, comte Bourck, enfermé dans la place avec 4.000 hommes, refuse de livrer le fort au Prince Auguste de Prusse. Sous la pression des évènements (Philippeville, Rocroi et Mézières ont fait leur reddition) et la pression prussienne de plus en plus forte, le général Bourck signe une convention honorable avec les Prussiens. Givet et le Mont d'Haurs sont livrés à la Prusse mais Charlemont reste français.

La seconde abdication de l'empereur Napoléon et le retour de Louis XVIII entraîne la signature du Traité de Paris (20 novembre 1815) qui stipule qu'un corps d'armée alliée occuperait la place de Givet-Charlemont. Cette décision devait être accomplie dans les dix jours.
C'était ne pas compter sur l'entêtement de Bourck qui, par deux fois, refuse de livrer la place. Les Prussiens lèvent le blocus quand le 17 décembre la place est enfin remise au Général Russe le baron Karl Federovich Lowenstern. Givet est occupée le 1er janvier 1816 par 7.000 soldats russes qui transforment la chapelle Notre Dame de Walcourt en église orthodoxe.
La conférence d'Aix-la-Chapelle du 1 octobre 1818 réduit à 3 ans l'occupation du territoire français par les alliés. Le 23 octobre 1818 , Givet est restituée au roi de France.

La France avait maintenant comme voisin, au nord le royaume des Pays-bas puis en 1830 la Belgique, petit royaume neutre. Tout danger étant écarté, la ville devient une ville de commerce et de manufactures

Pendant la guerre de 1870, le fort de Charlemont ne joue aucun rôle. Néanmoins, après la défaite, la France ayant perdu l'Alsace et la Lorraine, se préserve de l'Allemagne par une série de forts autour des villes du nord construits sous la direction du général du Génie Séré de Rivière. Charlemont est rééquipé en fort moderne ; par contre le camp retranché du Mont d'Haurs et le fort de Condé sont déclassés en 1891.

 

Le fort espagnol

 

 Le 4 août 1914, l'armée allemande viole la neutralité belge et commence la réduction des forts de Liège.

Le 20 août, la position fortifiée de Namur résiste trois jours aux 590 bouches à feu dont une batterie de mortiers de 420 Krupp et 4 batteries autrichiennes de 305.

Le 29 août, ce fut le tour de Givet. Les Saxons de von Hausen ont dans leurs bagages deux batteries autrichiennes de 305. Elles commencent dès 12h30 à bombarder le fort à cadence lente. Le 30, après qu'une demande de reddition eut été refusée, le bombardement reprend à la cadence d'un coup tous les quarts d'heure.
Devant le chantage de détruire la ville et devant un bombardement devenue intensif pendant toute la journée du 31, le lieutenant-colonel Pailla, commandant de la place, fait sonner le cessez-le- feu à 17h30. A minuit, les Allemands entrent dans le fort. Devenus disponibles, les obusiers de 305 sont dépêchés sur Maubeuge... La ville reçut la croix en 1923.

 

 Dès 1928, après avoir relevé leurs ruines, les Français et les Belges se posent la question de l'utilité des places fortes. Le capitaine de Gaulle et le général Normand font l'apologie de ce système de défense : « avec peu d'hommes on avait infligé à l'ennemi des pertes et des retards considérables »
Tandis qu'en France, le ministre Maginot entreprend la construction de la ligne de forts qui porte son nom, les Belges réarment et perfectionnent leurs forts et créent de nouveaux forts (Eben-Emal, Tancrémont...).
Dans cet esprit, en 1935, le fort de Charlemont est réoccupé. En 1939, un centre mobilisateur s'y installe, mais aucune unité importante ne s'y implante.

Le 12 mai 1940, après avoir franchi la Meuse, les Allemands sont à Givet. Dès le 14 mai 1940, à 10h30, les défenseurs abandonnent Charlemont à l'issue d'une résistance symbolique mais honorable.

 

Givet est libéré par les Américains le 7 septembre 1944. La forteresse abrite 11.000 soldats américains qui vont arrêter l'offensive, dite von Rundstedt, de décembre 44.

L'héroïque résistance de Bastogne et la contre-attaque du général Patton anéantissent le dernier espoir d'Hitler de réitérer le «coup de faucille » de mai 1940.

 

Le renouveau de Charlemont

Le Général Massu, en 1962, décide d'implanter à Givet un centre d'entraînement.

Le 1er janvier 1963, le 1er Centre d'Entraînement Commando (C.E.C.) naît sous la fière devise «Croire et vaincre ».

Ce centre entretenait des relations amicales et militaires avec son voisin, le Centre d'Entraînement des Commandos belges de Marche-les-Dames en aval de Namur. Des soldats d'autres armes venaient y effectuer des stages.

 

Fort de Charlemont : centre d'entraînement commando

 La fin du fort de Charlemont ?


En juillet 2009, dans le cadre de la restructuration de ses forces armées, le gouvernement français ferme le centre d'entraînement. Le domaine est à vendre...


La ville et ses curiosités

Situé à 500 m de la frontière belge, Givet est un petit port fluvial, terminus de la Meuse à grand gabarit (1.500 tonnes). Des bateaux mouches mènent en croisière sur le fleuve (Dinant n'est pas loin). La halte fluviale est fort appréciée des Belges et des Hollandais. Une base nautique permet de s'initier à la voile, pratiquer le kayak et le canoë. En juillet et en août, la baignade surveillée est permise. En tout temps un centre « aqualudique » ouvre ses portes.

Ce qui fait le charme de Givet, c'est la perspective que donne la Meuse et ses promenades le long des berges, c'est son quartier piétonnier aux jolies boutiques, c'est sa place de l'hôtel de ville animée qui jouxte des ruelles au charme désuet.


L'hôtel de ville a un air de fête

La cité mosane possède aussi d'autres atouts dans son patrimoine.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'église Saint-Hilaire (voir photo extérieure plus haut), reconstruite en 1682 par Vauban, possède des murs épais et élevés et dit-on, des galeries souterraines. Les stalles, de style Louis XV, proviennent de l'ancienne église des « Récollectines » .Elles sont sculptées et alternent des scènes du martyrologue franciscain et des évènements bibliques. Le maître autel baroque est orné d'une crucifixion de Rivoulon. Elle conserve précieusement le buste reliquaire de Saint-Hilaire. La rue de la « Fausse Porte » a la particularité de passer sous le chœur de l'édifice.

 

En 1838, Victor Hugo traverse les Ardennes et la Wallonie décrivant et croquant à l'aquarelle les endroits qu'il appréciait. S'arrêtant à Givet, il s'amuse à décrire le clocher compliqué de l'église Saint-Hilaire du Grand-Givet :
« Le brave architecte a pris un bonnet carré de prêtre ou d'avocat. Sur ce bonnet carré, il a échafaudé un saladier renversé; sur le fond de ce saladier devenu plate-forme,il a posé un sucrier ; sur le sucrier, une bouteille ; sur la bouteille , un soleil emmanché dans le goulot par le rayon inférieur vertical, et enfin, sur le soleil, un coq embroché dans le rayon vertical supérieur.
En supposant qu'il ait mis un jour à trouver chacune de ces idées, il se sera reposé le septième jour. Cet artiste devait être Flamand ».

 

Clocher de l'église St Hilaire 


L'église Notre-Dame fut détruite et modifiée un grand nombre de fois, le chœur porte la date de 1612. Au cours des transformations, le chœur fut inversé. Au lieu de regarder l'est, il est maintenant sous la tour occidentale. L'église abrite une crucifixion, plusieurs fois restaurée, datée de 1620 que l'on attribuait à l'auteur P.P.Rubens ou A.Van Dijck; mais d'après des expertises récentes, c'est à Arnold Frans Rubens, peintre anversois de la fin du 17e et début du 18e siècle que l'on doit cette oeuvre. Son maître-autel et retable en marbre proviennent du collège des Jésuites de Dinant et les stalles du couvent des Dominicains de Huy. La Meuse est un couloir culturel qui se rit de l'histoire...    

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 En bordure du Fleuve, se dresse la tour Victoire. Elle est l'ancien donjon du château des comtes de la Marck qui date du 16e et 17e siècle. Devenue prison, elle abrite aujourd'hui diverses expositions et manifestations en été.

 


 Tour Victoire

Le camp retranché de Vauban, au mont d'Haurs, resté en l'état, est devenu un parc naturel. La tour Grégoire (12e - 19e), poste de guet du camp, offre un joli point de vue sur la ville.


Tour Grégoire

La chapelle de Walcourt, le fort Condé et la tour Maugis... sont autant de découvertes comme l'ancien monastère des «Récollectines », construit en 1682, réhabilité en centre culturel « bibliothèque - médiathèque »


Les Recollectines - le cloître

L'ancienne église des récollets (dont la restauration est prévue) sert actuellement de salle d'expositions ou de cinéma.


Eglise des Récollets

 

  

L'office du tourisme se situe au Centre européen des métiers d'art, ancien octroi du 17e siècle. La vente de produits du terroir a lieu dans la cave.


 

La Place Méhul

La place Méhul est une grande place, entourée d'arbres et de jolies maisons du 19e siècle, qui comporte deux monuments.

Un très beau monument aux morts composé d' une statue de bronze représentant une Marianne casquée et armée d'un glaive.

 

Monument aux morts 

A l'opposé, de ce monument, la statue d'Etienne Nicolas Méhul, (1763-1817) né à Givet. Il est l'auteur de multiples œuvres musicales et romantiques (symphonies, opéras) mais il est surtout connu pour avoir composé le célèbre chant révolutionnaire : l' « hymne à la Liberté » appelé communément « Le chant du départ ».

Hommage à Etienne Nicolas Méhul

Les amateurs de balades et de randonnées ne seront pas déçus tant la vallée de la Meuse givetoise propose de possibilités de promenades variées et distrayantes..

La ville offre bien des curiosités à découvrir et comme disait Victor Hugo de passage à Givet en août 1842 : 
                                                                    « La ville s'est modernisée mais le charme est resté... »

Festival international des musiques militaires de Givet

 

  


 

 Près de la frontière belge, la chapelle Notre-Dame de Walcourt, longtemps abandonnée et cachée dans les buissons, au carrefour de la route du fort Condé (construit en 1720) est maintenant restaurée.

  

Chapelle ND de Walcourt en restauration

C'est un édifice patrimonial important. Construite en 1782, elle fut transformée en 1816 en chapelle orthodoxe lors de l'occupation russe.


chapelle Notre Dame de Walcourt après restauration.

Les piliers qui marquent l'entrée d'un ancien cimetière allemands de la "grande Guerrre"
sont l'oeuvre de Monsieur DUBOIS, marbrier givetois.

 

 L'ancien cimetière militaire

"Vieux Givetois, j'avais 15 ans lorsque je fus réquisitionné par les allemands, en août 1916, et affecté au creusement des fosses du cimetière militaire de la chapelle de Walcourt où étaient enterrés les morts provenant des trains sanitaires venant du front et de 3 "lazarets" (hôpitaux militaires) de Givet.

  

 

Le sol de ce cimetière est constitué par 10 à 15cm de terre arable sur du schiste... , ce qui ne facilitait pas le travail auquel nous étions astreints.
Je ne me souviens plus avoir vu les femmes et les jeunes filles requises creuser les tombes. Elles ratissaient, arrosaient, entretenaient, brouettaient les déblais, etc... Par contre, elles étaient soumises comme nous au travail à la chaine. Creusant des tranchées de 10 à 15m de long (fosses communes), il se trouvait parfois qu'une de ces tranchées ne soit pas, le soir, remplie totalement de cadavres... On comblait alors la partie occupée et on étayait à l'aide d'un panneau maintenu par un étançon dans la partie vide.  

Les corps furent déplacés en 1922.

 

 

Mais il arrivait parfois un orage dans la nuit, et la pluie, traversant le ramblai, se déversait dans la partie libre en une eau rougie de sang, les morts étant tous décédés par blessure de guerre. Les gardes allemands nous faisaient faire ensuite "la chaîne" pour évacuer cette eau putride : l'été sous un nuage de mouches bleues. Contrôlé par un soldat montre en mains, chacun, homme ou femme, descendait 10 minutes puiser à l'aide d'un seau pour le passer au premier de la chaîne, et ainsi de suite. 

 

A cette époque y furent enterrés de nombreux soldats allemands, mais aussi quelques Français et alliés (prisonniers décédés des suites de leurs blessures).
Le nombre de civils requis au cimetière était environ de 15 à 20. La chapelle servait de nécropole provisoire aux morts ."
 

 Texte raconté - publié sur le site - par Monsieur OGER 
source : L'Ardennais du 6 janvier 1975 - archives paroissiales 
cité dans la revue n° 110 d'Ardenne Wallonne.

 

 

 

 

Dans les armoiries de Givet, trois tours sont mises en exergue, la tour Victoire, la tour Grégoire et la tour Maugis (ou fort de Condé).

La ville obtint ces armoiries le 6 juin 1698 suite à une "ordonnance des commissaires généraux". Elles sont "d'azur à un sautoir d'or et un fusil de gueules brochant sur le tout coupé d'azur à trois tours d'or rangées sur une terrasse de sinople,celle du milieu ouverte."

 

 

 

 

 

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