HASTIERE - ABBATIALE - août 1914

 

 

A L’EGLISE MONUMENTALE D’HASTIERE

Les civils de Blaimont amenés à Hastière par les premières troupes et retenus prisonniers à l’église ont raconté que ce fut un spectacle navrant de voir la cavalerie allemande entrer, le 23 août, dans ce beau monument et de le transformer en une écurie. « Monsieur le curé Schlögel serait mort, disaient-ils, s’il avait vu son église ainsi souillée. » Les personnes qui y entrèrent quelques jours après furent plus impressionnées encore : tout y était sens dessus dessous et une odeur infecte se dégageait du fumier et des excréments humains accumulés dans les nefs. L’autel dominant la crypte et l’autel de la Sainte Vierge étaient profanés ; les loculi existant à la partie antérieure de la table avaient été ouverts à coups de hache ; les cassettes de plomb contenant les reliques étaient violées et le contenu en était semé aux alentours. Des traces d’effraction apparaissaient à la tour eucharistique servant de tabernacle ; une des colonnettes était déboîtée et martelée ; à la base du tabernacle, on apercevait des traces de coups violents et des enteailles sur la porte elle-même. La croix supérieure de la tour était jetée par terre dans l’abside de la Vierge. Des ordures se trouvaient dans le chœur en face du tabernacle. Les souches des chandeliers étaient renversées et brisées, les nappes de l’autel majeur lacérées.

En 1912, lors de la consécration des autels le cardinal Fischer avait envoyé de Cologne le chef d’une compagne de Sainte Ursule. Cette relique avait été déposée, avec d’autres ossements, dans un riche coffret. Le coffret était violé, le tissu qui entourait la relique arraché le crâne brisé les ossements dispersés au pied de l’autel de Saint Pierre. D’autres reliques étaient fixées dans deux reliquaires Louis XV ; on en retrouva des fragments à Beauraing et sur la route d’Hastière à Mesnil-Saint-Blaise.

Un lustre en cuivre doré avait été arraché, aves des planches du plafond en bardeaux auquel il était suspendu.

A la sacristie, ce qui était dans les armoires fut enlevé ou déjeté. Des ornements avaient été déposés à la crypte : on en retrouva des parties le long de la Meuse ; d’autres étaient semés dans l’église et portaient les traces des souliers qui les avaient piétinés. Une pyxide et les vases aux saintes Huiles avaient disparu.

Les statues de l’Enfant Jésus, de Saint Hubert et de Saint Ghislain étaient cassées et mutilées. La plupart des portes étaient tailladées à coups de hache. Enfin, au presbytère, ont péri une antique statue de Saint Pierre et des tissus précieux du haut moyen âge, provenant d’anciens reliquaires.

Le Gouverneur de Namur baron von Hirschberg, visita l’église d’Hastière le 18 juin 1915. Après avoir examiné les profanations et les dégâts faits par les troupes, il engagea avec le curé la conversation suivante : « Combien d’habitants avez-vous ici ? – il y en avait 340 avant la guerre beaucoup ne sont pas rentrés depuis la destruction du village ; et nous avons eu beaucoup de fusillés. – Vos concitoyens ont eu un grand tort, c’est de tirer sur nos soldats ! – Oh ! Monsieur, je puis vous assurer que personne n’a tiré à Hastière ! – Oh ! Monsieur nous avons nos documents jurés et nous savons qu’on a tiré ! – Alors Monsieur, ne discutons plus … »

                              Documents pour servir à l'histoire de l'invasion allemande dans les provinces de Namur  et de Luxembourg, pubiés par le Chanoine Jean Schmitz etDom Robert Nieuwland de l'Abbaye de Maredsous, 4° partie, LE COMBAT DE DINANT. 1  LA CONQUÊTE DE LA MEUSE. Bruxelles et Paris, Librairie d'art et d'histoire, 1921, p.62/63. 

N.B. M. l'abbé  WINAND , curé de Hastière, et succésseur du curé SCHÖGEL, fusillé par les Allemands avec 7 autres personnes dont le curé de Hermeton M Clobert, a fait le réçit de la destruction de Hastière.

 Hastière-par-delà. Presbytère de M. abbé Emile Schögel.

 

 

 

 

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