NAMUR - La position fortifiée de Brialmont

  Les causes :

En 1830, la Belgique devient indépendante. Elle choisit le régime de monarchie constitutionnelle (février 1831).

 Révolution belge :  http://www.arquebusiers.be/1830.htm

Léopold de Saxe-Cobourg accepte le trône et devient le premier roi des Belges.
Le 21 juillet 1831, il prête le serment constitutionnel. Cette date devient celle de la fête nationale.

 

La neutralité belge est reconnue par les grandes puissances.
Ses nouvelles frontières sont définies et garanties par le traité
des XXIV articles qui entre en application en 1839.

La paix établie avec la Hollande,
le jeune Etat ne peut vivre sereinement sa neutralité.

 

 

 

1839. Traité des XXIV articles : la Belgique dépecée.

Mais un double danger menace l'indépendance belge. 

En 1848, la seconde République française élit président le prince Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de l’Empereur Napoléon 1er. En décembre 1851, par un coup d’état, le « Prince-Président » s’impose à la France. Il rétablit l’Empire l’année suivante (Napoléon III et le Second Empire 1852-1870).


Napoléon III

« L'’Empire, c’est la paix » proclamait la propagande impériale mais seule une politique de grandeur et de prestige pouvait justifier l’Empire et le conforter. La France devient interventionniste.

En 1859, alliée au Piémont, la France entre en guerre contre l’Autriche et pour prix de son aide reçoit - après plébiscite - les départements de la Savoie et Nice.

Napoléon III au faîte de sa gloire, ne cache plus son intention d’absorber, dès 1866, la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg.

Alors que le danger français se précise pour la Belgique, une autre menace se pointe à l’Est.

En 1860, Otto von Bismarck devient chancelier de Prusse. Sa politique tient en un mot : l’unification de l’Allemagne derrière son roi Guillaume 1er de Hohenzollern. En 1866, suite à une série de victoires, il impose la « Confédération de l’Allemagne du Nord » dominée par la Prusse. Il reste à convaincre au ralliement ses grands voisins du sud : Bade, Wurtemberg, Bavière.

 

Sa tactique consiste à pousser la France dans une guerre d’agression envers la « Nation Allemande ».
C’est ce qui se passe : irrité par le torero Bismarck, le taureau Napoléon déclare, le 18 juillet 1870, la guerre à La Prusse. L’Allemagne unanime se lève derrière la Prusse pour repousser l’agresseur.
Les Allemands vainqueurs ne s’arrêtent qu’à la Loire. Entre-temps, à Paris, la troisième République est proclamée.

 

La France vaincue doit payer en indemnités de guerre 5 milliards de francs-or. Elle perd l’Alsace et la Lorraine (Traité de Francfort - 10 mai 1871).

 

 

 L’ironie de l’Histoire veut que, le 18 janvier 1871, sous les plafonds de la Galerie des glaces du château de Versailles, qui chantent l’écrasement des principautés allemandes par Louis XIV, les Princes allemands proclament « Empereur d’Allemagne » le vieux roi de Prusse Guillaume 1er. C’est le début du II° Reich, Empire fédéral dominé par la Prusse fortement militarisée. Seconde ironie, c’est la victoire de Napoléon 1er contre l’Allemagne qui avait mis fin au Reich des Habsbourg en 1806…

Cette guerre n’affecte pas la Belgique bien qu’on se batte non loin de ses frontières (siège de Sedan). Elle met cependant en évidence la faiblesse de l’armée belge à défendre le pays en cas d’agression d’une grande puissance. L’antagonisme franco-allemand, né de cette guerre, laisse présager, que tôt ou tard, un nouveau conflit éclatera entre les deux grandes puissances. La France humiliée entretient un esprit revanchard et garde les yeux tournés vers la « ligne bleue des Vosges ». Le Reich allemand, fier de sa gloire neuve, regrette déjà de n’avoir pas « réduit la France en un tout petit caillou » et l’hymne nationaliste allemand «Deutschland über alles » ne réclame t’il pas la frontière de la Meuse? « Croyez-moi, le miracle de 1870 qui mit la Belgique à l’abri de l’invasion ne se renouvellera plus. » prophétise le roi Carol de Roumanie...

La conscription obligatoire va pousser sur les champs de bataille des millions d’hommes. Le progrès effrayant de l’armement tant individuel que collectif et l’apport des colonies donnera à la guerre à venir (et c’est la 1ère guerre mondiale) une violence inconnue. De l’avis du général von der Golz, elle sera « violente et sérieuse comme devait l’être toute lutte décisive entre peuples dont l’un voulait faire reconnaître sa suprématie sur les autres ». « Une lutte à mort entre deux conceptions de l’univers » répétera Guillaume II.

Après la seconde guerre mondiale, le maréchal Keitel dit la même chose au procès de Nuremberg.

La Belgique a peu de chance d’échapper à une invasion. Il faut la protéger d’un côté comme de l’autre : la solution est « se fortifier ».


 

La position fortifiée de Namur : Henri-Alexis Brialmont :

Comment empêcher une invasion de la Belgique par ses voisins, soit qu’ils y passent pour atteindre l’autre, soit pour s’y affronter ? Il faut renforcer l’armée et cadenasser la Meuse. Namur doit faire obstacle à une attaque française, Liège doit faire barrage à une invasion allemande.

Le gouvernement belge, en 1887, charge le général Henri-Alexis Brialmont de la création de forts d’arrêt autour de Namur et Liège tandis qu’Anvers est renforcée dans son rôle de « réduit national ».

                                         

 

  Le futur général de Brialmont en 1870

 

 

 

 

 La future capitale wallonne est ceinturée par neuf forts occupant des points culminants, les grands forts (Suarlée, Cognelée, Andoy, Saint-Héribert) alternant avec des forts plus petits (Malonne, Emines, Marchovelette, Maizeret et Dave).

Ces ouvrages, situés entre 4,5 et 8,5 kilomètres de la citadelle de Namur, sont distants entre eux de 3 à 6 km, ce qui leur permet de s’appuyer les uns les autres.

La construction des forts de Namur et de Liège est une révolution technologique et stratégique pour l’époque. Pour la première fois en fortification on marie le béton de ciment avec des coupoles blindées. L’importance des travaux est considérable. On édifie en quatre ans 21 forts enterrés ce qui nécessite la construction et l’exploitation de 100 km (environ) de chemin de fer, le terrassement de plus de trois millions de mètres cubes de terre, concurremment avec la fabrication et le coulage d’environ 1.200.000 mètres cubes de béton.

La dépense pour la construction des forts de la Meuse prévue initialement pour 24 millions de francs-or atteignit, quatre ans plus tard, la somme de 71.698.000 de francs. A la séance du 13 août 1891, à la Chambre, on fit grand tapage … et le gouvernement mit le général à la retraite. En quittant son poste, la seule réaction de Brialmont fut de regretter que les travaux ne fussent pas terminés…

  

 

 

 

 

 

 

  

  

  

  

  

  

  


                                         Plan du fort de Maizeret

  

 Coupe du fort de Maizeret

La citadelle de Namur perd son rôle de fortification et une partie de celle-ci est déclassée en 1891. Son sommet devient un parc où de multiples attractions, comme le championnat du monde de moto-cross, s’y déroulent.

Elle devient un havre de verdure et de paix.

 


 

 La position fortifiée de Namur du 20 au 23 août 1914 :

Le 4 août 1914, l’armée allemande ayant violé la neutralité belge, commence la réduction des forts de la ceinture de Liège.

L’armée belge compte environ 200.000 hommes y compris les volontaires et la garde civique. Si l’on retire les troupes de forteresse, le Roi Albert ne dispose que de 117.000 hommes formant 6 divisions d’armée mal formées (un officier par compagnie contre quatre ailleurs…), 2 divisions de cavalerie bien entraînées, 120 mitrailleuses, une dizaine d’avions et pas d’artillerie lourde.

En face des Belges 4 armées allemandes :

1e armée : von Kluck : 320.000 hommes au nord de Liège,
2e armée : von Bülow : 260.000 hommes au sud de Liège,
3e armée : von Haussen : 180/200.000 hommes face à Dinant,
4e armée : Albrecht de Wurtemberg : 200.000 hommes face au Luxembourg.

Soit environ un million d’hommes.

Les 5e , 6e et 7e armées allemandes comptent environ 565.000 hommes alignés le long de la frontière française. Leur but est de contenir l’offensive française en Alsace –Lorraine pendant que l’aile droite, l’aile marchante, amorce un vaste mouvement tournant à travers la Belgique et le nord de la France pour prendre les armées françaises à revers : c’est le « plan Schlieffen ».

 

 Plan von Schlieffen 

 

L’opération doit se jouer en un mois pour ôter aux alliés anglais et russes la possibilité de réagir. La Belgique ne doit pas faire grand obstacle…

L’acharnement de la petite armée belge à appliquer une tactique de harcèlement gêne l’armée impériale dans sa marche en avant. (On évoque jusqu’à 50% de perte dans les premiers jours). D’où les exactions que les troupes d’outre-Rhin commettent en Belgique : il faut effrayer les Belges pour limiter leur résistance. « Man hat geschossen » justifie destructions, incendies, fusillades de civils grands et petits. 

                                                                                Les francs-tireurs belges d’après les journaux allemands.

Ces agissements valent aux Allemands le surnom de « Huns » et soulèvent l’indignation des pays jusque là neutres. Il est vrai que les Allemands vivent dans la hantise des « francs-tireurs » de la guerre de 1870 et que la presse allemande, recherchant la sensation, couvre ses pages de récits d’abominations que les Belges commettent contre les civils allemands expulsés et contre leurs soldats. Même le gouvernement allemand finit par croire ces rumeurs…

Ne pouvant venir à bout de la résistance des forts de Liège, les Allemands utilisent des mortiers autrichiens de 305 (alors que l’Autriche n’est pas encore en guerre contre la Belgique) et des mortiers de 420 Krupp.

A Liège, le 16 août, le dernier fort capitule. Le 9 août, le président Poincaré – « plein d’admiration pour l’ héroïsme de l’armée belge » - confère la Croix de guerre au Roi Albert.




   "Les cousins ennemis"

 

 

Le Kaiser Guillaume II
                                 Le Tsar Nicolas II             George V                 Albert 1er
                                                                                                        
de Gr. Bretagne       de Belgique


 

 

Progressant vers le sud, les envahisseurs se heurtent, le 20 août 1914,
aux forts de Namur. Outre les troupes de forteresse de Namur,
le gouverneur de la Place, le lieutenant-général Michel, dispose de la 4e division installée dans l’intervalle des forts (soit 37.000 hommes). L’expérience de Liège sert les Allemands. Leur supériorité numérique (135.000 hommes) et l’emploi de 590 bouches à feu dont une batterie de mortiers de 420 et de 4 batteries autrichiennes de 305 rend la situation intenable pour les forts.
Après trois jours de siège la place de Namur est réduite malgré la très grande bravoure de ses soldats.

 

 

 

 Les effets de l'artillerie lourde allemande

 

 

  

Ainsi le fort de Marchovelette est atteint le 23 à 13 h 40 par un obus de 420 qui, explosant dans la galerie centrale, tue, brûle ou blesse les 2/3 de la garnison et met hors de combat son valeureux commandant, le capitaine Duchateau. L’incendie gagne les magasins à munitions, qui explosent. L’ennemi pénètre dans l’ouvrage à 14h mais doit encore subir, au moment où il franchit les fossés latéraux, le feu des derniers défenseurs du coffre flanquant de tête. Le fort namurois – comme celui de Loncin à Liège et la redoute de Dorpveld à Anvers – est détruit par l’ennemi sans se rendre. Les annales du siège de Namur rendent hommage au fort de Marchovelette.

 

 

 

  La destruction par l'artillerie du fort de Maizeret, qui protégeait la Meuse et la route de Liège.
Ce fort était appelé fort du "Diable" à cause des rochers escarptés qui le rendait inaccessible ... 

 

 

 

 

L'entrée du Fort de Maizeret aujourd'hui
- Photo P. Vande Papeliere 


Namur 1914. Théatre et rue Julie Billard.-  photo J. Lemaire.

                                                                                                              photo  J. Lemaire


Le pont de Jambes détruit et  la passerelle allemande.

http://www.greatwardifferent.com/Great_War/Belgian_Prints/Namur_01.htm

 La majeure partie de la 4e division belge réussit à sortir de l’étau namurois par Bioul, Couvin, Rocroi où elle passe la frontière française.
Après quelque repos, elle est rapatriée par mer en Belgique et participe à la seconde sortie d’Anvers (fin septembre au 7 octobre 1914).
La ville de Namur connaît 77 victimes civiles, tuées par bombardements ou exécutions ainsi que l’incendie volontaire de la Grand’Place, de la rue Saint-Nicolas, en tout une centaine de maisons et les ponts. ....

En 1914, une contribution de guerre, s’élevant à 40 millions de francs à payer mensuellement, est exigée à la Belgique.


Monument provincial aux morts taillé par le sculpteur namurois Jules Jourdain. 


La position fortifiée de Namur dans l’entre-deux-guerres :

Après l’échec sur la Marne et leur repli (sept.1914), les Allemands, prévoyants, réarment la position de Namur en la modernisant.

Dès 1928, après avoir relevé leurs ruines, les Français et les Belges se posent la question de l’utilité des places fortes. Le capitaine de Gaulle et le général Normand font, en 1925, l’apologie de ce système de défense : « avec peu d’hommes on avait infligé à l’ennemi des pertes et des retards considérables ».

 Le 29 mai 1927 la France reconnaissante attribuait la croix de guerre à la ville de Namur avec la citation suivante :

"Place forte, attaquée le 21 août 1914, violemment bombardée par un ennemi très supérieur en nombre et dont la garnison s'est retirée d'après avoir rempli, pendant 4 jours, sa mission d'arrêt. Prise d'assaut, incendiée en partie a supporté avec calme et dignité, malgré ses deuils, une occupation de plus de 4 années sans cesser d'avoir foi dans la victoire finale".

Tandis qu’en France le ministre de la guerre Maginot entreprend la construction de la ligne de forts qui porte son nom, les Belges, en 1930, réarment la majorité des forts de Namur en s’inspirant du modèle allemand : amélioration de l’aération, renforcement des galeries par des tôles ondulées cintrées, renforcement du bétonnage, construction de bunkers dans les intervalles des forts reliés par 65 km de réseau téléphonique enterré. La politique de réarmement hitlérien, la réoccupation de la Rhénanie en 1936, incitent les autorités belges à la prudence : quatre nouveaux forts, plus modernes, sont construits autour de Liège. Des unités nouvelles sont constituées pour garder les frontières : ce sont les célèbres « chasseurs ardennais ». La Belgique qui a rompu son alliance militaire avec la France et proclamé sa neutralité peut compter sur une armée de 600.000 hommes. Mais l’armement reste disparate et globalement peu performant…

 


Entrée du fort d’Emines (état actuel).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Fossés du fort d’Emines (état actuel).

  

Il ne nous est plus possible de visiter ces forts. l’Etat les a vendus (sauf Dave et Marchovelette) à des particuliers.

« Défense d’entrer »… «Propriété privée »… lit-on partout. Même les routes reliant ces ouvrages sont souvent devenues impraticables.
Il est dommage que Namur, ville de garnisons, de hauts faits militaires, de dévouements et de sacrifices, n’ait pas conservé un seul fort comme «lieu de mémoire ».

 

                                                                                   Emines (Hulplanche) bunker d’intervalle.


 La position fortifiée de Namur en mai 1940 :

Le 10 mai 1940, l’armée allemande viole les frontières néerlandaises, belges et luxembourgeoises. Les Allemands font mine d’appliquer le plan Schlieffen de 1914 en l’étendant aux Pays Bas. Une fois les alliés installés chez nous, l’attaque principale allemande se fait à travers les Ardennes , opération Sichelschnitt (Coup de faucille) visant à enfermer les Alliés dans une nasse (Plan Manstein).

 

Comme prévu, la Grande Bretagne et la France viennent à notre aide. S’appuyant sur la position fortifiée de Namur, la première armée française - dont la 1ère division marocaine - s’établit sur la ligne

Namur-Gembloux-Wavre-Bruxelles, dite « position Dyle». Du 12 au 15 mai de violents combats (bataille de Gembloux), forcent la 3e et 4e division du XVIe Panzer Korps à se retirer après avoir subi de lourdes pertes.

Mais…

Les blindés de Rommel percent à Dinant, ceux de Guderian à Sedan. Les régiments franco-marocains ne profitent pas de leur victoire ( La Victoire Oubliée) : sur ordre du Groupe d’armée, ils décrochent dans la nuit du 15.

Ce n’est que le 17 que les Allemands reprennent leur marche en avant.

Isolés, les sept forts de la position de Namur avec leurs 2000 hommes, continuent à se battre. Mais sous les effets des tirs d’artillerie très précis des canons d’assaut de 88 et des bombardements des Stukas de l’aviation allemande, ils doivent se rendre les uns après les autres (du 18 au 24 mai 1940). Quand Namur se rend, les Allemands commencent le siège de Dunkerque…

 

En 1944, le 18 août, Namur subit un bombardement américain dévastateur qui fait 353 morts, 336 blessés graves. 1860 bâtiments sont détruits ou endommagés.
Le bombardement visait principalement le pont du chemin de fer (pont de Luxembourg).

 

 

 

 

 

                                                    Place d'arme après le bombardement

La tour Marie Spilaert réapparait

La cité mosane est libérée par les « combat commands de la VIIth U.S. corps » du général Collins le 5 septembre 1944.

 Les derniers soldats ennemis à quitter la ville sont des Russes de l'armée du Général A. Vlasov casernés à Namur.Ils firent sauter les ponts et occasionnèrent beaucoup des dégats.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Andre%C3%AF_Vlassov

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Russes de l'armée allemande. 

Mais la Meuse est franchie. Le pont de Jambes est réparé provisoirement à l'aide d'un pont Bailey tandis qu'un deuxième pont est construit en amont à la pointe de l'île Vast'y frotte. La marche vers Bastogne commence.


Constructon d'un pont Bailey à Jambes sur la Meuse par le Génie américain

 

 
Le pont de France avec en haut à droite la "tour du guetteur" au sommet de la citadelle et le quartier du "Grogon" aujourd'hui rasé.
(source : 238th Engineers Combar Battalion Association)

 
Le 11 décembre 1944 est créé, à Namur, le 11e bataillon de Fusiliers qui regroupe 800 volontaires belges.
Il est incorporé le 13 février 1945 dans la 3e armée américaine du général Patton et à ce titre participe à la campagne d’Allemagne surtout en Hesse (Kassel).

  

 

  http://tchorski.morkitu.org/3/3326.htm

 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×