Wallon ? Wallonie ?

 

La Meuse est française, se naturalise en Meuse wallonne lors de son entrée en Belgique pour terminer néerlandaise (Maas).

Mais d’où vient le mot « Wallon » et « Wallonie ?

Etymologiquement, d’après Albert Henry dans « LA WALLONIE - LE PAYS ET LES HOMMES », T.1 Lettres – Arts – Culture, publié en 1977 à La Renaissance du Livre , le vocable remonterait, lointainement, à VOLCAE nom d’une peuplade celte proche des Germains ce qui donnerait en ancien allemand : WAL(A)H, pluriel WALHA

Après la romanisation de nos régions, les Germains de l’ouest continuent d’employer ce terme pour désigner les Celtes romanisés et les Latins qui habitent le long de la frontière.

L’installation des Germains chez nous, après les invasions des IVème et Vème siècles, étend l’usage du mot « Walha » en Gaule du nord. De nombreux noms de personnages (Wallus, Wallo , Walon…) ou des lieux (Walonsart, Walloncapelle…le toponyme de Walonie à Armentière) trouvent leur source dans le « Walha » primitif.

La langue romane adjectivera ce mot pour désigner dans walois la langue d’oïl parlée aux marches de Lorraine et walesc, wallec seront employés, avant le XVème siècle, par les clercs pour désigner la langue d’oïl parlée en bordure du parler germanique : « ...mettre, composer et ordonner par écrit en notre langaige maternel que nous disons wallec ou franchoix ... » .

C’est le chroniqueur Jean de Haynin (que nous retrouverons dans sa relation du sac de Dinant) qui dans ses mémoires, rédigées au XVème siècle, rapporte dans le récit d’une escarmouche entre Liégeois et les troupes du duc de Bourgogne, maître de nos régions, ces détails : «... Les dis Liégeois crioite ‘Sain Denis et Sain Lambert’, les Wallons et les Tiesois (gens de langue germanique) crioite ‘Mourregot’ ».

Le mot "les Vallons" se troue au début de la 2° ligne. Jean de Haynin, ms.II 25 45 de la Bibliothèque Royale de  Bruxelles. f 68 verso.

D’autres auteurs hennuyers emploieront par la suite le nom de « Bourguignons wallons » et de langue walone ou bourguignotte dans le sens de langue romane.

Monsieur A. Henry , op cit.p.69, rapporte l’écrit du Douaisien Louis de Haynin (XVII° s) :

« La Wallonne (langue) a pour provinces l’Artois, Lille, Douay et Orchie autrement dite Flandre gauloise ou walonne : Cambrésis, Tournesis, Haynaut et l’Estat de Valencennes, Namur, Lothier ou Brabant wallon, Luxembourgues et Liège ».

Italie. Carte du début du XVII°s représentant les provinces de l'Ordre des Capucins.

Certains ordres religieux emploieront en latin les termes Wallonia ou Vallonia.

Du XVI°s au XVIII°s, l'adjectif wallon est fort employé. L'infanterie "wallonne" est réputée, les églises réformées "wallonnes" prolifèrent en Hollande, en Angleterre en Allemagne, 5 à 10.000 Wallons vont travailler le fer en Suède dès le XVI°S. Ils sont appelés "Walloner". Racine dans son réçit de la prise de Namur en 1692 parle d'un régiment Wallon.

Au XIX° siècle, après des recherches linguistiques, les philologues distingueront quatre régions linguistiques différentes en Wallonie : le Picard dans le Hainaut occidental, le Lorrain en Lorraine belge, le Champenois dans quelques villages de Namur et du Luxembourg et enfin le Wallon y compris dans la « botte de Givet ».

Suite à la révolution belge de 1830 et la proclamation de son indépendance, la Belgique est fixée dans ses frontières en 1839 auxquelles s’ajouteront en 1919 les cantons de l’Est appelés Pays Rédimés (Eupen-Mamédy-Saint-Vith).

Le terme de Wallonie commence à remplacer les termes anciens de Provinces wallonnes ou Pays wallon.

A un contenu culturel se substitue un contenu politique.

Face à une Flandre démographiquement majoritaire, davantage soudée dans ses revendications économiques et sociales, les francophones wallons prennent peu à peu conscience de leur propre identité.

La lettre au Roi sur la séparation de la Wallonie et de la Flandre de Jules Destrée en1912 ; la libération en1940 par les Allemands des prisonniers de guerre flamands et le maintien en captivité des Wallons (considérés comme Français) pendant 5 ans ; les manifestations flamandes de Leuven (Louvain) et leur « Wallen buiten ! » (les Wallons dehors) de 1968 ; mais surtout l’institution, le 31 décembre 1970, des Communautés culturelles mais aussi des Régions, va donner au terme Wallonie un sens officiel (mais non constitutionnel) d’une région francophone au destin - culturel, économique, politique - identique.

L’appartenance à la langue française est le facteur d’unité le plus puissant bien qu’elle englobe une Communauté germanophone (canton d’Eupen et de Saint-Vith).

La Région wallonne aujourd'hui. Namur en est la capitale.La Meuse traverse les provinces de Namur et de Liège.

La Région wallonne ou Wallonie couvre une superficie de 16 844 km2 avec près de 3 millions et demi d'habitants, soit 55,18 % de la superficie belge et 32,4 % de la population belge.

 Le drapeau de la Wallonie (ou drapeau wallon) est l'emblème de la Région wallonne et de la Communauté française de Belgique aussi appelée de manière officieuse Communauté Wallonie-Bruxelles.

Le coq wallon se distingue du coq français par deux traits: il est hardi (c'est-à-dire que sa patte droite est levée, signe d'un coq combattant) et le bec est fermé. Le jaune et le rouge, couleurs liégeoises, furent choisis pour souligner le rôle important joué par les Liégeois dans la formation de la conscience wallonne.

Pour en savoir davantage :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_terme_Wallon#Jean_Lemaire_de_Belges_et_l.27acception_r.C3.A9gionale

 

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